À la recherche du déclic sportif

Vu mon intérêt très marqué pour l’escalade, on croit souvent que je grimpe depuis que je suis tout petit! Mais la réalité est toute autre. Alors que certaines personnes tombent dedans dès leur plus jeune âge, j’ai goûté aux délices de ce sport vertical bien trop tard à mon goût!
33 ans d’errance sportive sans connaître ce « wow » qui nous transporte ailleurs et nous donne des ailes… Il y a quand même eu la plongée et mon sacre très éphémère de plus jeune plongeur en bouteille au monde à la veille de mes 3 ans (un autre enfant m’a battu 6 mois plus tard avec une plongée en bouteille à 2 ans et demi… Damn).

Mais des otites à répétition m’ont obligé à limiter cette magnifique activité. Il y a eu aussi les nombreuses tentatives de ma mère dans ma jeunesse pour me faire bouger et éviter les trop longues heures devant les jeux vidéo : soccer (où je trouvais que ça criait beaucoup trop!), basket (que j’ai détesté), tennis (un des seuls que j’ai apprécié!), kung fu et j’en passe. J’aurais aimé pratiquer le tir à l’arc mais la logistique était assez compliquée… Au final ça sera la natation qui accompagnera mes jeunes années de sportif du dimanche. Ce n’était pas le grand amour mais après une leucémie, pratiquer un sport aussi complet avait beaucoup d’avantages! Et savoir bien nager en Polynésie, où j’ai vécu toute mon enfance, était quand même utile.

Ont suivi les années d’université en France et une année d’échange universitaire au Japon lors desquelles j’ai continué de ratisser large : escrime, aïkido, badminton, kendo, ping pong, sumo (si si!)… Toutes des activités plaisantes mais aucune dans laquelle je me sentais « sur mon X » (à ma place).

Puis les années de travail ont commencé : responsable commercial dans les jeux vidéo. Et là plus rien à part de la randonnée occasionnelle et un peu de yoga… J’ai laissé le travail et les voyages d’affaires prendre toute la place. Alors, un épuisement professionnel plus tard, j’entrainais un ami assez taré pour me suivre (et lui aussi en burnout) dans un projet fou pour nous remettre d’aplomb : courir un ultra trail de 65km avec 2000m de dénivelé positif. Pas mal pour deux gars qui détestaient courir! Bon, suite à cela mon ami m’a expressément demandé de lui rappeler de ne plus jamais accepter mes défis débiles… Mais bon, la rigueur et les entraînements réguliers nous ont bien remis sur les rails. Est-ce que j’apprécie la course pour autant?… Meh… Toujours pas le grand amour mais au moins je ne déteste plus ça 😅
J’ai finalement compris que responsable commercial n’était pas un métier pour moi. Une reconversion professionnelle plus tard, me voilà désormais massothérapeute! Bien plus adapté à ma sensibilité cette fois-ci.

Durant mes années de jeune massothérapeute, plusieurs amis m’ont fait la remarque que j’avais vraiment le physique pour faire de l’escalade et que je devrais essayer. Cependant, pour moi cela ne collait pas du tout avec mon métier! « Je ne peux pas m’abimer les mains ni les doigts à grimper! Je suis massothérapeute! Qu’est ce que mes clients vont dire?! Cela va mettre trop de tensions sur mes muscles! Je ne peux pas me le permettre! »…
Jusqu’en 2016 où tout a changé. J’étais en voyage en France et visitais une cousine formidable dans le Vercors au dessus de Grenoble. Lorsqu’elle m’a proposé d’aller grimper dehors avec une vue magnifique sur les montagnes alentours, je me suis dit que je pouvais bien essayer. Après tout, j’étais en vacances et mes mains auraient le temps de récupérer! Je ne sais pas si tu as déjà eu un coup de foudre mais c’est un peu ce que j’ai ressenti à ce moment là. J’étais là, suspendu à 20m du sol, regardant de temps en temps le magnifique panorama se déroulant derrière moi tout en lutant contre la gravité et la peur, à souffrir de douleurs musculaires jamais ressenties auparavant, les yeux piquants par la sueur qui dégoulinait de mon front… mais à ce moment précis je me suis senti libre et accompli. Un vrai déclic sportif! J’avais trouvé l’activité qui me faisait vibrer, pour laquelle je serai capable de me réveiller à des heures impossibles, celle qui me fera vivre des souffrances gratifiantes et faire des sacrifices avec plaisir et satisfaction.

De 2016
à 2024

Avant même de rentrer au Québec, j’avais acheté dégaines, mousquetons et autres accessoires afin d’être prêt à continuer l’aventure dès mon retour. Je n’ai d’ailleurs pas eu à argumenter bien longtemps pour motiver mon meilleur ami à grimper avec moi! Restait quand même la question de la douceur de mes mains pour mes clients. Un massothérapeute avec les mains raiches, ça n’est jamais très agréable! Mais j’ai appris à en prendre soin, certainement bien plus qu’auparavant, à l’aide d’huiles essentielles et de crème hydratante réparatrice. Et tout se passe pour le mieux! C’est incroyable les barrières qu’on peut s’imposer à soi même parfois… Depuis ce coup de foudre, l’escalade a pris une place très spéciale dans mon coeur et mon corps tout entier. Je comprends enfin toutes ces personnes pour qui le sport n’est pas seulement un moyen pour se sentir bien, mais aussi un vrai mode de vie.

Mathis

  1. Le Laos vous propose des roches étonnantes pour grimper, je n’ai jamais vu ça. Par contre, jamais de la vie…

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