J’écris ces lignes depuis une plage de Gili Air, une minuscule île toute plate et très propre au large de Lombok. Mathis est allé observer les poissons, les tortues et les coraux avec ses palmes et son masque : ça doit faire 3 heures qu’il est dans l’eau! Je l’ai accompagné ce matin, et maintenant, allongée sur le sable, j’observe la vie. Il y a une femme à quelques pas de moi qui apprend à nager à une enfant. Elles parlent français. Devant, il y a des hommes qui déchargent des noix de coco et des bonbonnes de gaz d’une pirogue. Les locaux ont l’air bien occupés. D’autres hommes transfèrent d’énormes sacs remplis de bouteilles en plastique d’une charette tirée par un poney sur une autre pirogue. Comme l’eau du robinet n’est pas potable depuis le début du voyage, les gens consomment une quantité faramineuse de bouteilles. Je ne sais pas où ils emmènent ces déchets, probablement sur Lombok. Cela dit, ça nous fait du bien ici que le sol soit propre, parce qu’on a trouvé ça difficile dans les deux dernières semaines de ne jamais savoir où s’assoir. Gili air, l’île rustique chic.
On est arrivés à Lombok le 13 juillet, après 2h30 de bateau depuis Nusa Penida, et on a découvert un tout autre décor. Avant d’aller plus loin, je voudrais faire un petit apparté pour recommander à chacun·e d’entre vous qui aurait le mal des transports d’essayer quelques séances d’acupuncture : ça me change la vie.
Lombok est une île aux mille mosquées, rendez-vous 5 fois par jour pour la prière, la première vers 5 heures du matin diffusée dans tout le village par haut-parleurs. Les femmes sont presque toutes voilées, à la discrétion de chacune. On ne voit presque plus d’offrandes hindoues. La culture Sasak domine, ils ont leur propre langue, on apprend à dire « merci » : matur tampiasih.
C’est une île où nous avons réussi à nous éloigner des sentiers battus, pour le plus grand bonheur des enfants qui ne manquaient aucune occasion pour nous faire des coucou sur le bord de la route. Quand aux adultes, toujours un cellulaire sous la main, ils ont capté plusieurs photos de nous. Un jour, l’appel de l’estomac nous a fait arrêter au bord de la route, à un bazar organisé par l’armée de l’air de Lombok. Le gars à l’animation nous a remercié d’un thank you sir, dans ses haut parleurs.

La route entre le Mont Rinjani (Mathis vous en parlera plus en détail dans un autre article) et le sud de l’île nous a fait faire mille virages au détour desquels on a trouvé : des rizières immenses, des barquettes de fraises, et surtout, beaucoup de macaques occupés à s’épouiller, ou simplement à regarder les scooters passer. Puis nous avons posé nos bagages pour quelques jours chez Jasur et sa femme à Mawun Farm, entre Kuta et Selong Belanak. Venu d’Azerbaidjan, il a construit son petit coin de paradis, cultivant fraises, tomates, fruits et plantes médicinales, élevant chèvres, poules et chatons. Un endroit parfait pour ralentir le rythme, vivre au jour le jour. Entre un curry à Warung Abangan sur la Pantai Lancing (warung = shop ; Pantai = plage), une leçon de surf pour Mathis et la visite d’une grotte de chauves souris, on a assisté à la naissance de deux chevreaux à la ferme, discuté longuement avec Pierre et Ambre, deux voyageurs reliant la France et l’Australie sans avion et pris le temps de caresser les chats.
Gili Air est le prolongement parfait de cet air d’aller. Demain, on se déconnecte pour quelques jours, le temps d’arriver à Komodo, en bateau.














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