Nos grimpettes en Indonésie

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L’escalade n’est pas le sport national de l’Indonésie, quoique l’un de leurs athlètes a remporté l’épreuve de vitesse aux JO de Paris. Disons que le pays n’est pas une destination phare pour la grimpe de rocher, mais comme on a notre matériel, on s’y est quand même essayé. Grâce à internet, on a accès à de l’information, on remercie les sites https://thecragjournal.com/ et https://www.thecrag.com/en/home qui nous ont bien aidés. Comme promis, cet article est donc dédié à notre expérience de l’escalade en Indonésie, plus précisément sur l’île de Java. On a visité 4 sites et grimpé 10 voies. Je vous raconte ça en 3 chapitres.

CHAPITRE 1 : Trenggalek

On est installé à l’étage d’une belle maison dans le quartier de Gandusari à Trenggalek, Java. La pièce est remplie d’une trentaine de lances, autant de glaives et de dagues des ancêtres de la famille d’Abas. Du rez de chaussée nous provient la musique d’un speaker, mêlée au bruit des meuleuses des ouvriers qui polissent la pierre. Ce sont les employés de notre hôte. Principalement de l’agathe, la pierre est extraite des environs et est exportée à l’international. On attend une personne qui va nous accompagner pour voir le site d’escalade. Cette journée est complètement inattendue! Revenons 18 heures en arrière.

Après avoir improvisé rapidement les randonnées du Mont Ijen puis du Mont Bromo, deux volcans emblématiques de Java Est, on a plongé encore plus creux dans l’authenticité de la vie à l’indonésienne : sans plan pour le lendemain, on voulait s’en remettre à la vie. En prenant le train de nuit hier à 23h48, on lançait les dés du hasard sans pouvoir se douter de quoi aujourd’hui aurait l’air. Après une petite sieste pour Mathis sur un banc en pierre de la gare de Probolinggo, on a fait 3h de train jusqu’à Malang, un transit d’1h10, puis on est finalement arrivés à Tulungagung à 6h46 via le train public. Un peu déboussolés par cette courte nuit, on a traversé la rue de la gare pour s’assoir au café d’en face et profiter d’une connexion wifi afin de faire nos plans de la journée. Ce qui nous amène dans cette région, c’est la falaise de Telung Lintang, à part ça, le monde a l’air de se demander ce que deux touristes peuvent bien venir faire dans le coin. Pour l’heure, on a donc besoin de se rendre à la ville de Trenggalek, louer un scooter et trouver un hébergement. Comme on ne trouve pas de location de scooter à proximité, et que les homestay qu’on voit sur Google map ne sont pas joignables, on décide de se rendre sur place pour aller jaser directement avec le monde. On se rend donc à la station de bus où personne ne parle anglais, mais où tout le monde semble bien comprendre qu’on veut aller à Trenggalek. On nous indique un bus, on nous fait monter dedans et malgré tous nos efforts, on n’arrive pas à savoir à quelle heure il décolle. Il est 8h00 et on est 4 dans le bus. À 9h15, la majorité des sièges sont comblés et un chauffeur s’installe enfin derrière le volant. À 10h on est à Trenggalek.

Au terminus, on met à contribution deux officiers dans l’espoir de trouver un logement et un scooter et on repart avec une recommandation d’hôtel, auquel on se rend à pieds. L’hôtel étant trop cher à notre goût, et trop loin des parois d’escalade, on commande un Grab (le Uber local) pour aller au sud de la ville : on se dit qu’en se rapprochant des falaises on aura peut-être plus de chance. On indique donc à notre chauffeur l’adresse d’un homestay qu’on a trouvé sur Googlemaps. En descendant de voiture, on fait bien rire les voisins qui ne savent pas de quoi on parle. Les gens se parlent entre eux et on a l’impression qu’ils font un plan mais nous repartons finalement bredouilles : pas de homestay ici. Le chauffeur, qui n’a pas l’intention de nous laisser au milieu de nulle part, nous dépose avec nos bagages au bureau de district où se joue une répétition de la commémoration de l’indépendance de l’Indonésie, prévue pour le 17 août. C’est là qu’il nous quitte et malgré nous, nous devenons l’attraction du village. On explique nos besoins à trois jeunes femmes par l’intermédiaire de Google translate et de beaucoup de rires. Les femmes, les hommes, les enfants nous filment et prennent des selfies avec nous. Mais nous ressortons du bureau de district encore bredouilles. On a l’impression de s’enfoncer de plus en plus creux dans l’Indonésie, de se rapprocher des falaises tout en s’éloignant de notre objectif de trouver un logement, on se dit que quelque chose va se débloquer. Prêts à aller voir le site d’escalade à pieds, en imaginant qu’on va peut-être y rencontrer d’autres grimpeurs qui sauront nous orienter, Mathis se fait interpeler par une bande d’hommes, assis devant un warung un peu à l’écart. On leur montre des clichés d’escalade, les photos fusent de toutes parts, ils nous offrent de boire un café avec eux. On s’assoit donc et on attend en discutant toujours via Google translate. Ime, qui parle approximativement anglais, entame avec Mathis une discussion sur les religions. À ce stade, on se demande un peu ce qu’il se passe, et si nous allons ressortir de là avec une solution, mine de rien il doit être à peu près 15h! Mais puisqu’on ne comprend pas leurs conversations et que, quand on leur fait part de notre besoin de trouver un logement et un scooter, ils nous disent de ne pas nous inquiéter, on se prête au jeu du moment présent.

Finalement, un homme qui est arrivé furtivement entre-temps et qui s’est joint à notre groupe, Abas, se lève et nous dit de venir avec lui dans sa petite auto rouge jusqu’à une belle maison comme on n’en a jamais vue ici. Devant l’entrée de la propriété se dresse un grand portail, qui révèle un beau VUS blanc. Sur le seuil de la maison trônent de grosses sculptures en bois. Abas nous dit d’attendre sur le perron, il va manifestement annoncer à sa femme qu’ils vont nous héberger quelques jours, puis il nous dirige vers l’étage de sa maison que je vous ai décrit plus haut. C’est là qu’on est au moment où je pose ces détails sur papiers pour les garder en mémoire. Notre hôte vient de nous apporter un plateau avec un café et deux thés beaucoup trop sucrés et nous propose de nous détendre. Alors c’est ce qu’on fait, en déblatérant sur ce qui vient d’arriver. On va réaliser plus tard qu’on n’a pas encore capté toutes les subtilités de la situation.

Je reprends mon écriture quelques semaines plus tard, car j’ai eu besoin de temps pour digérer ce qui s’est passé ensuite. Donc après nous être détendu pendant un long moment, environ 1h30, Abas nous a conduit un peu plus loin au site d’escalade où nous attendait Miki, qui est à la fois notre guide des prochains jours, son meilleur ami et son collègue d’affaires. Les deux s’installent sur une plateforme et allument des cigarettes, en gardant un œil sur nous. Tout excités, on essaye d’oublier leur présence pour aller faire du repérage de voies pour le lendemain, sillonnant le site, arpentant les sentiers qui montent à travers les buissons, palpant la paroi, visualisant quelques mouvements, inspectant les ancrages. Puisqu’on a un peu de temps avant que le soleil se couche, on s’accorde une petite voie d’une douzaine de mètres. Ouf! Ça fait longtemps qu’on a grimpé! Miki est curieux, il s’approche, m’aide à donner de la corde à Mathis qui grimpe en lead, pose quelques questions dans un anglais approximatif. Moi, je suis un peu gênée de faire tant patienter Abas.

Touchés par cette journée, avec le sentiment que tout s’est aligné pour qu’on trouve ce dont on avait besoin à cet endroit, on propose à Abas, via Google translate, de l’inviter à souper avec sa femme. Avec un petit rire, il nous répond que non, c’est son travail de nous fournir à souper. Quelques minutes plus tard, il nous rapporte du poulet confit avec du riz et nous installe dans sa cuisine. Sa femme est assise dans la pièce d’à côté, elle regarde des vidéos sur son cellulaire. J’ai un peu la sensation qu’on restreint ses mouvements dans la maison. Rapidement après manger, on remonte à l’étage et on pose à Abas la question qui nous brûle les lèvres depuis notre rencontre : combien ça va nous coûter? Sa réponse ouvre encore davantage de questions : « j’attends des nouvelles de mon boss, mais ne vous inquiétez pas, nous on va vous faire un bon prix ». En creusant, on comprend qu’en fait, il a été mandaté par le chef du district, qu’on a rencontré un peu plus tôt au village, pour nous fournir tout ce dont nous avons besoin durant notre séjour d’escalade à Trenggalek. Abas n’a vraisemblablement pas eu le choix, et sa femme non plus. Il est à notre service et, dans leur maison, ils ont libéré les deux chambres de l’étage pour nous y installer. Une des deux est certainement celle de leur fille, nous décidons donc de dormir dans la même chambre malgré leur souhait apparent qu’on en prenne une chacun. On se sent un peu mal à l’aise de causer autant de trouble alors qu’on cherchait juste un logement normal et un scooter pour nous déplacer.

Finalement, une assistante du chef du district arrive à 21h pour faire les comptes avec nous. Ce qu’elle nous propose nous paraît cher, il faut payer l’hébergement et la nourriture (normal), mais aussi Abas comme chauffeur, Miki comme  »guide », ainsi que les frais d’entrée sur les sites d’escalade. On n’en demandait pas tant mais à cette heure-ci, on est un peu devant le fait accompli. Les tarifs nous semblent vraiment dans la fourchette très haute vu qu’on est des touristes alors on négocie un peu, on se réserve la possibilité de rester soit deux ou trois jours, puis on va se coucher car la dernière nuit dans le train a été courte!

Le lendemain matin, on se lève tôt pour aller grimper. La femme d’Abas nous a préparé un petit déjeuner tellement épicé que j’en pleure. J’en pleure de douleur, j’en pleure de raz-le-bol de manger de la friture à chaque repas, j’en pleure de malaise d’avoir la sensation qu’on va choisir à ma place pendant les prochains jours. Demain, on précisera « no spicy ». Après les émotions, Abas nous conduit donc avec Miki au site d’escalade, et on lui spécifie qu’il n’est pas obligé de rester avec nous toute la journée, qu’il peut venir nous chercher à 17h. Il fait déjà une chaleur suffocante. On grimpe 3 voies chacun, ça nous prend la journée. On découvre une nouvelle roche, un calcaire avec des tufas, des colonnes qui ressemblent à des stalactites qu’on prend en pince. On fait plus ample connaissance avec Miki, notre guide, dont la job est essentiellement de nous regarder grimper puisqu’il n’a jamais touché à cette discipline. On lui propose d’ailleurs d’essayer mais il décline avec son beau sourire édenté. C’est une belle journée.

Le soir après le souper, on est assis dans la pièce à l’étage, Miki boit du café et fume avec Abas. Pendant la conversation, il sort d’un sac une dizaine de cornes de vaches et tout fier, nous montre son diplôme de thérapeute qu’il vient d’obtenir. Il propose alors à Mathis de lui offrir une séance de ventouses, qu’il accepte avec curiosité. Mathis est allongé sur le ventre, torse nu sur le tapis. Miki prend une corne, y envoie un spray d’alcool, l’enflamme avec un briquet et l’appose sur le dos de Mathis. Il répète l’opération 8 fois. Il attend un peu que les ventouses fassent effet avant de les retirer dans un bruit de succion, puis il lui masse les mollets, les cuisses et les fessiers endoloris par la grimpe. J’en profite pour aller faire un tour aux toilettes. Je reviens juste à temps pour voir Mathis qui convulse en position assise, Miki le retenant avant de l’allonger sur le dos. Puis c’est le calme. Et Mathis reprend ses esprits en exprimant qu’il a vécu une expérience agréable et spéciale. J’étais pas prête à ça, je me suis tellement demandée ce qu’ils lui avaient fait pendant mon absence! Alors quand Miki me propose de faire une séance, je refuse catégoriquement. En fait, Mathis s’est évanoui quelques secondes suite à une manipulation autour de la gorge pour relâcher le système nerveux. J’ai la sensation d’un ascenseur émotionnel : l’enthousiasme de vivre une expérience locale et authentique, et la peur que quelque chose lui soit arrivé. Mathis me rassure que tout va bien. En tout cas cette nuit là, il paraît qu’il a dormi comme un bébé!

Séance de ventouses – thérapie locale

Le lendemain matin, il faut se lever tôt parce qu’on va découvrir une nouvelle paroi dont le nom m’échappe. Dès qu’on sort de la maison, Abas nous présente un homme, caméra à la main, comme étant un journaliste qui va faire un reportage sur nous aujourd’hui. J’avoue que ça commence à m’agacer un peu de me faire faire des plans à ma place. En même temps, grâce à eux on peut grimper ici, c’est un peu tiraillant. Un gars en moto vient nous chercher et Mathis et moi grimpons sur le très inconfortable rack arrière. Abas nous suit avec son journaliste et la route dure une quinzaine de minutes. Heureusement que c’est pas plus long car elle est tellement escarpée que je suis obligée de mettre mon bras en arrière de moi pour me retenir de valser dans la pente! Et Mathis a deux morceaux de métal qui s’impriment tranquillement dans ses cuisses. On s’arrête au bord de la route et on emprunte un petit chemin fraîchement débroussaillé jusqu’à une paroi dont l’inclinaison déversante est impressionnante!

Gentiment, essayant de mettre mon agacement de côté et de me prêter au jeu, je propose au journaliste d’expliquer à la caméra ce qu’on fait, il me répond un « non » catégorique. Comme à notre habitude, on arrive, on inspecte la paroi, comme on n’a pas de topo on essaye de jauger ce qui est faisable pour nous, ça prend un peu de temps. Abas, la clope au bec, vient vers moi et me montre son téléphone sur lequel il est écrit : « on a tout arrangé pour que vous puissiez grimper aujourd’hui, on veut faire un reportage sur vous alors s’il vous plait, maximisez votre temps ici ». C’est donc ça. Ils ont bel et bien débroussaillé hier pour qu’on grimpe aujourd’hui et qu’ils puissent faire leur reportage. À partir de ce moment-là, je n’ai plus qu’une envie c’est de repartir, de m’en aller loin d’ici. Je me sens oppressée, je ne suis pas bien, je manque de liberté, de libre arbitre, j’étouffe. Mathis, lui, réussit à faire abstraction et installe tranquillement la corde, son harnais, et fait ses échauffements sous l’oeil attentif d’une vingtaine d’enfants qui viennent d’arriver (certainement informés la veille que des étrangers allaient grimper ici aujourd’hui!). Heureusement qu’ils sont là, ça me ramène un peu de motivation. Les garçons comme les filles nous encouragent, nous applaudissent, nous font dire des choses qu’on ne comprend pas, bref : ils mettent de l’ambiance. Aujourd’hui on aura réussi à grimper deux voies chacun, plus une voie répétée pour Mathis afin de la flasher. Les autres ont l’air d’un niveau beaucoup trop difficile pour nous.

Abas, Miki et l’adjointe au chef de district avaient d’autres plans pour nous pour le lendemain : un troisième site d’escalade, plus loin, plus creux, plus cher, plus impressionnant. Mais on a préféré terminer le chapitre et nous avons repris la route en début de soirée direction d’une plage à Pacitan, avec l’impression de sortir de cette bulle étrange. Sortir de sa zone de confort, ce n’est pas seulement manger des choses différentes, se doucher à l’eau froide et porter en boucle les 3 mêmes chandails. C’est aussi vivre des relations humaines qui nous poussent dans nos retranchements.

CHAPITRE 2 : Nglanggerang

Si on n’a jamais réussi à se faire comprendre en prononçant ce nom de village, on a quand même trouvé la paroi ! On est à quelques kilomètres à l’Est de Yogyakarta, loin de la foule dans un lieu aménagé pour la randonnée et l’escalade. La première fois qu’on y met les pieds, on sait qu’on va grimper le multipitch facile de la place. Un petit 5.8 (5b pour les européens) plus ou moins sur une dalle, d’une hauteur de 80m environ. La roche est complètement différente de Trenggalek, on grimpe ici sur un genre de conglomérat volcanique. C’est facile, c’est agréable. Quand on arrive en haut, il n’y a pas de relais, Mathis bricole de quoi sur une plaquette. On est sur un plateau, la vue est belle et on peut entendre quelques mosquées en contre-bas.

On explore un peu les autres secteurs plus hauts mais comme on n’a aucune indication sur la difficulté et qu’on ne voit pas tous les ancrages, on se dit que le site est encore en voie de développement et on décide de redescendre, par le sentier de randonnée. Comme il nous reste un peu de temps avant la nuit, Mathis tente la première longueur du deuxième et dernier multipitch du site. On reviendra terminer l’ascension.

Quelques jours plus tard, on arrive pleins d’enthousiasme au pied de la même paroi. Un groupe de jeunes de Malang est installé au camping. On prépare nos affaires et on part. Au programme : 3 longueurs, la première étant la plus difficile en 5.10c (6b), que Mathis a déjà faite. Jusque-là tout se passe bien, je rejoins Mathis au relais, on enchaine sur le 2ème pitch. Et là, le challenge commence. Pendant que j’assure, je me prends régulièrement des roches sur la tête, la paroi s’effrite. C’est à moi de grimper pour rejoindre Mathis en bas du 3ème pitch et plus je monte, plus les roches se détachent. Je ne sais plus où mettre mes pieds, à chaque fois que j’ai l’impression que c’est solide, ça casse. Je me retrouve régulièrement avec mes prises dans les mains. J’angoisse. On est à 60m du sol et il reste encore une longueur.

Pendant que Mathis progresse vers le haut dans le 3ème pitch, je me calme, je reste focus sur mon assurage, je me dis que la roche de cette longueur a l’air plus stable que la longueur précédente. Je me trompe. C’est pareil. C’est même pire parce que les ancrages sont de plus en plus espacés jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de protection. Je me demandais pourquoi Mathis avait mis autant de temps à grimper, c’est parce qu’il fabriquait un ancrage de fortune avec une cordelette nouée puis coincée dans une pseudo-craque, enroulée autour d’une excroissance de la roche qui semblait tenir, pour me protéger d’une éventuelle chute en traverse. Bref. Ce que je raconte parlera aux grimpeurs, pour les autres sachez que c’était l’une de mes pires expériences d’escalade à vie. Ça te vide de toute énergie le stress. Mais il parait que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Va falloir reprendre un peu de confiance.

De retour sur la terre ferme, on est accueillis par des indonésiens. D’abord, l’une des filles du groupe de jeunes nous offre une assiette de biscuits et des clémentines, on la remercie chaleureusement. Puis un couple d’indonésiens qui font une séance sur les autres voies du site viennent nous voir. Ils parlent un excellent anglais. Odi a vécu une année en Norvège pour ses études et Diana n’a pas pu le rejoindre à cause de délais de traitement de sa demande de visa. Il s’implique beaucoup dans la communauté d’escalade, notamment en ouvrant de nouvelles voies extérieur. Les deux nous accueillent en nous disant qu’ils nous ont pris en photo sur la paroi et qu’Odi l’a envoyée à son ami en lui demandant si c’était la voie avec une grosse portion sans protection à la fin. Oui, oui, a répondu son ami. Maintenant on en rit, mais on en rit jaune. Pour terminer sur une bonne note, on grimpe une dernière voie, mais on est tellement lessivés que la journée s’arrête là.

Aire de camping au pied de la paroi. Trouvez Mathis

CHAPITRE 3 : Dieng Plateau

Si vous avez lu l’article sur Java, vous avez vu la magnifique photo des terrasses du Dieng Plateau. C’est l’escalade qui nous a amenée là. On a fait une ride épique en scooter pour arriver au pied des falaises de calcaire. La roche semble solide, hourra ! On sort notre matériel, on renonce à la magnifique voie qu’on avait repérée car on vient de voir qu’il y a un nid de faucon juste en haut, et Mathis se lance dans une première voie, en théorie une 5.7 (5a). Il redescend, je m’y engage, je récupère le relais et redescends en rappel. Je retire mes souliers. Je me retourne. Mathis est allongé par terre en petite boule. Il me dit que ça ne va pas, il a des crampes d’estomac, la fièvre monte d’un coup, il est pris de tremblements. Il fait une petite sieste, histoire de retrouver un peu de force pour nous ramener en scooter à l’hébergement. C’est le début d’une violente tourista qui le clouera au lit pendant 3 jours. Fin de l’histoire.

Voilà qui résume nos grimpettes en Indonésie. Comme vous pouvez le lire, ça a été plutôt rocambolesque pour les quelques voies qu’on a pu faire. Pour la Malaisie, on a conçu notre itinéraire autour des sites d’escalade, pour se donner un peu plus de chance. Laissez-moi vous dire que l’escalade aux Batu Caves à Kuala Lumpur n’a pas été un grand succès : on a été cloués au lit chacun notre tour par une tourista et une intoxication alimentaire. Aujourd’hui, on va mieux. On vous racontera la suite dans un prochain article !

  1. Le Laos vous propose des roches étonnantes pour grimper, je n’ai jamais vu ça. Par contre, jamais de la vie…

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