Notre voyage en Malaisie tire déjà à sa fin et on avait envie de vous proposer un autre format pour la rétrospective. Voici donc une capsule audio, enregistrée lors de notre trajet de retour à Kuala Lumpur.
[Pour celles et ceux qui préfèrent lire, on vous met la transcription accompagnée de quelques photos].
Salut tout le monde ! On est présentement sur la route de retour vers Kuala Lumpur en Malaisie. Ça fait presque un mois jour pour jour qu’on est dans ce pays et on s’est dit que ce serait un bon moment pour enregistrer nos impressions de la Malaisie.
Alors, peut-être pour commencer, on pourrait faire un petit récapitulatif de ce qu’on a fait, où on a été exactement dans le pays. Est-ce que tu veux nous parler de ça, Mathis ?
Bah oui, avec plaisir ! Coucou tout le monde ! On est arrivé en Malaisie à Kuala Lumpur début septembre et l’idée c’était de rester une bonne semaine à Kuala Lumpur, non pas pour nécessairement visiter la ville, mais parce qu’il y a plusieurs sites d’escalade autour de la même place, autour des Batu Caves. Donc l’idée c’était vraiment de pouvoir profiter des Batu Caves et de grimper là-bas. Après, on est allé en direction de Cameron Highlands. Donc ça, c’est plus vers le nord de la péninsule de la Malaisie, au milieu des montagnes. En fait, c’est à peu près au milieu-ish de la péninsule de la Malaisie. Dans les montagnes, il y a… je ne sais plus combien de mètres d’altitude ? 1 000, 1 500 ? Un truc comme ça ? Ouais, dans les 1 000, je pense. On est resté quelques jours là.
Ensuite, on est allé en direction de Georgetown ou Penang. Ça, c’est comme une île avec la ville qui est classée patrimoine UNESCO, pour grimper et visiter la ville. Et ensuite, on est monté tout au nord de la péninsule de la Malaisie à Perlis, qui est à la frontière avec la Thaïlande. Notre parcours a changé une couple de fois, mais grosso modo, c’est ce qu’on a fait. Et donc, comme tu disais tantôt, on est sur le retour vers Kuala Lumpur pour rendre l’auto et prendre l’avion dans deux jours.
Et puis donc, comme les plans changent régulièrement, ça ne s’est pas tout à fait passé comme on imaginait au tout début. C’est-à-dire qu’en fait, on est arrivé en Malaisie. Toi, tu traînais quand même une petite tourista qui venait, qui s’en allait, qui revenait, qui te laissait tranquille. Sauf qu’au début de la Malaisie, à Kuala Lumpur, cette tourista, elle a quand même décidé de frapper assez fort. Et tu t’es retrouvé au lit pendant quasiment une semaine. En fait, trois premiers jours vraiment intenses avec de la fièvre. Après, j’ai eu un petit répit, mais le jour même du répit, en fait, je suis retombé malade le soir. J’ai vomi tout mon repas. Et puis là, c’était reparti. Donc ouais, à peu près une semaine en tout. Et toi aussi, à un moment donné, tu as pris le relais.
Ouais, j’ai pris le relais. Et puis en fait, on s’est pas mal affaibli. On a perdu beaucoup de poids. On a perdu du poids et on a perdu un peu de motivation aussi, dans le sens où on avait choisi un endroit à côté des Batu Caves pour pouvoir aller grimper. Finalement, ce qu’on a vu de cet endroit-là, c’est à peu près les quatre murs de notre chambre. Il faisait aussi extrêmement chaud. Donc à chaque fois qu’on sortait, c’était beaucoup d’énergie. Et très humide. Ouais.
[Petit apparté de Mathis sur les Batu Caves, qui n’est pas dans l’audio]
Peut-être avez-vous entendu parler des Batu Caves, ces immenses grottes à l’intérieur desquelles ont été construits des temples hindouistes qu’on rejoint en montant 242 marches multi couleurs, accueilli par une immense statue dorée de Murugan de 43m. C’est super kitsch, c’est blindé de monde, de pigeons et de macaques mais la grotte principale est vraiiiiiiiiiiiment impressionnante! Pour vous donner une idée, voici les mensurations intimes de la cavité principale : un couloir dans la grotte de 100m de long, 30m de large, 100m de haut, le tout se terminant sur un aven (genre de gouffre où l’on revoit le ciel) de 50m de diamètre et… 200m de haut!!! C’est fou!
Et puis, on n’était plus dans, je pense, dans cette petite lune de miel un peu de l’Indonésie où tout était nouveau. Là, on se retrouvait dans une très grosse ville, quand même très développée et nettement plus riche que l’Indonésie. On a un peu déchanté, quoi. Avec toutes les odeurs de rue, de bouffe. Quelle que soit la bouffe, ça nous écœurait. On avait tout le temps les odeurs de friture qui nous tombaient sur l’estomac, même sans manger, qui nous donnaient la nausée. Et puis, quand tu t’es relevé, on s’est dit qu’il fallait qu’on sorte de Kuala Lumpur. On avait un mois pour visiter.
Donc on est partis vers les Cameron Highlands qui sont réputées pour leurs plantations de thé. Là, c’est pareil. On n’a pas été enchanté par la place. C’était des gros buildings. Pas vraiment de… Aucun charme, en fait. On avait aussi déjà vu des plantations de thé en Indonésie, où peut-être ça nous a… Je sais pas, on était peut-être un peu blasés.
Je sais pas si on était blasés, mais les plantations de thé en Indonésie, c’était ce qu’on a vu. C’était bien plus joli et belle que ce qu’on a vu aux Cameron Highlands. Et aussi, en chemin pour aller aux Cameron Highlands, à part la route de montagne qui était vraiment très belle, et qui était intense à vivre. Mais en chemin, autour de Kuala Lumpur, c’est quand même beaucoup de forêts qui ont été complètement déforestées et qui ont été remplacées par des champs et des champs à des kilomètres à la ronde pour cultiver le palmier à huile, pour faire de l’huile de palme. Ça, ça fait un peu mal au cœur aussi, de voir ces espèces d’immenses monocultures d’huile de palme qui sont en train d’appauvrir les sols parce que ça consomme énormément d’eau.
Et pour rajouter une couche, ensuite des Cameron Highlands, on est allé à Penang, qu’on nous avait beaucoup, beaucoup recommandé pour ses arts de rue, sa bouffe, etc. Et quand on est passé à travers la ville de Ipoh notamment, on s’est retrouvés face à la réalité de l’extraction de granit, de marbre et d’étain dans les montagnes de la région et face à des montagnes qui sont complètement écrabouillées, éventrées. Et ça, ça nous a… On n’arrivait même plus à parler dans la voiture tellement c’était… Ça nous brisait le cœur, en fait. Et puis en plus, à Penang, ça a été cool, la visite de la ville, mais je veux dire, c’était pas non plus… Je pense qu’on nous l’avait trop vendue ou bien on n’était pas au bon endroit, je ne sais pas, mais… Pour être honnête, franchement, moi je n’ai pas compris pourquoi c’était le patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est d’habitude, les sites de patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est quand même… Il y a une réelle richesse, il y a vraiment quelque chose qui sort du lot. Et puis là, c’était quand même… Oui, OK, c’était chouette. Oh, il se met à pleuvoir, donc ça se peut que vous entendiez les gouttelettes de pluie.On va peut-être reprendre quand il ne pleuvra plus, non ? Ouais, peut-être, ouais.
Donc on est de retour de la pause. L’averse a duré à peu près deux minutes. Ça se pourrait qu’il y en ait d’autres dès comme ça. Donc on était en train de parler de Penang et du patrimoine mondial de l’UNESCO. Je suis en train de dire que, généralement, quand il y a le sceau UNESCO dessus, il y a une réelle richesse, il y a un réel patrimoine, il y a une réelle beauté, il y a une réelle recherche architecturale, il y a un potentiel historique. Et là, en fait, à Penang, ou Georgetown, indépendamment, franchement, le street art, l’art de rue avec les graffitis sur les murs, c’était beau, mais c’était comme si c’était trop peu pour avoir le sceau patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cela dit, un point positif dans tout ça, c’est que ça nous a un peu foutu un coup de pied au cul pour se dire qu’en fait, on est venus aussi pour faire de l’escalade. Arrêtons de, j’allais dire papillonner, mais arrêtons d’essayer. Allons là où il y a les sites d’escalade et allons voir ce que ça a, ce que la Malaisie a à nous donner, en fait, en termes de sites d’escalade. Et en même temps, à Penang, il y avait un site d’escalade, justement. C’est vrai. Qui était somme toute correct, mais ce n’était pas non plus waouh waouh waouh. Je pense que ça a rajouté aussi, on était supposé, on avait pris exprès un logement qui était proche d’une plage pour changer un peu les montagnes qu’on n’avait pas trouvées extraordinaires, etc. Et de la ville. Et là, on arrive, et en fait, la plage, il y a des grands gratte-ciels tout autour. Ce n’est pas très beau. La mer, ça ne donne pas envie. Elle est un peu marron. Elle ne donne pas envie de se baigner dedans. Donc, je pense que ça nous a vraiment… Tu te souviens, on s’est vraiment demandé, mais en fait, qu’est-ce qu’on fout là, quoi ? On s’est demandé qu’est-ce qu’on fout là. On s’est dit, on dirait que c’est un pays qui s’est développé trop vite. Et donc, il n’y a pas eu de réflexion sur une certaine uniformité architecturale, etc.
Et puis, on s’est aussi demandé, mais merde, on a notre billet d’avion pour la Thaïlande dans trois semaines. Qu’est-ce qu’on va faire pendant trois semaines ? Un billet d’avion qui était non remboursable, non modifiable. Et on avait loué une auto aussi pour un mois. Donc, ça fait que… Et finalement, on est arrivé à Perlis. Donc, Perlis, c’est la région qui est tout au nord-ouest de la péninsule de la Malaisie et qui est frontalière avec la Thaïlande. Et là, on s’est retrouvés, je pense, dans un petit havre de paix qui nous a quand même enchantés. Au début, on se disait, on va rester quatre jours et puis après, on ira ailleurs. Et en fait, on a tellement aimé qu’on s’est dit, restons puisqu’on est bien. Et on est restés deux semaines. On est restés deux semaines. Et en fait, on a été accueillis chez Amirul, qui est le fondateur d’une association pour le développement de l’escalade à Perlis et qui se bat pour la préservation de l’environnement. C’est vrai que c’est un thème qui nous a beaucoup, beaucoup parlé.
Et puis Amirul, il a été tellement généreux de son temps, de ses connaissances. Tous les jours, on avait l’impression qu’il nous disait, ah, aussi, il y a tel endroit que vous devriez aller découvrir. Il nous orientait. Une nouvelle paroi. Oui, c’est ça.
Et puis, on a vécu une expérience assez incroyable aussi là-bas. En fait, on a décidé de contribuer puisque vivre chez Amirul, ça ne nous coûtait quasiment rien. Aller sur les sites d’escalade, ça ne nous coûtait quasiment rien. Manger, ça ne nous coûtait quasiment rien. On s’est dit, qu’est-ce qu’on peut faire pour contribuer ? Donc, on a offert des ancrages à l’association pour pouvoir ouvrir de nouvelles voies parce qu’en fait, ce qu’il nous expliquait Amirul, c’est que quand on ouvre des nouvelles voies, ça fait en sorte que le site, il a plus de chances d’être protégé de l’exploitation minière. Et donc, on s’est retrouvé à utiliser nos ancrages finalement pour nous-mêmes apprendre à ouvrir des voies. Oui, il nous a vraiment offert cette possibilité-là de nous enseigner gratuitement comment faire une ouverture de voie.Donc, vraiment de A à Z, c’est-à-dire que essayer de repérer une ligne, un tracé sur la falaise qui pourrait être intéressant, nettoyer la base, nettoyer la paroi en elle-même de toute liane ou autre qui est puissante, urticante et autre qui empêche de grimper. Et puis après, de faire l’ouverture en soi. Ce qui était intéressant aussi, c’est qu’on a fait l’ouverture en partant du haut, mais aussi en partant du bas.
C’est-à-dire que ces deux approches sont complètement différentes et qui ont des implications complètement différentes en termes de sécurité, en termes d’installation d’équipements, etc. C’est vrai que du coup, le fait d’avoir cette possibilité-là et de vivre cette expérience-là dans un environnement qui était vraiment, pour le coup, enfin très beau. Parce que le paysage, juste au-delà de l’escalade, le paysage était vraiment magnifique. Il y a plein de petites collines, des bukits qu’ils appellent… Comment s’appelle déjà le nom ? Les collines qui sortent du sol, là ? Ah, les mogotes ? Les mogotes, c’est ça. Ça fait que ça donne vraiment un charme assez spécial à l’endroit. Et tout ça, ça a fait que moi, personnellement, je me suis senti un peu comme revivre à Perlis. Je me suis senti… OK, enfin quelque chose qui vaut la peine, qui vaut vraiment la peine en Malaisie. Oui, et puis tu as dit aussi que tu t’étais sentie comme à la maison. Je suis assez d’accord avec toi. On se levait le matin, on faisait chauffer l’eau pour le café, on pouvait aller manger juste à côté, vraiment la porte à côté, ils servaient des petits-déj. Il y avait un endroit juste à côté aussi où ils servaient des soupers. La lessive, la machine à laver, elle était à 2 minutes à pied. Donc ça, c’était aussi… C’est ça, on se sentait vraiment comme à la maison. On a été manger avec la sœur d’Amirul deux fois, juste à côté.
Et puis ça nous a permis aussi d’approfondir en fait une relation avec Amirul. Justement, on se disait en Indonésie, c’était un peu dommage parce que justement, on n’arrivait pas à avoir des vraies conversations au-delà d’où tu viens et combien de temps tu restes dans mon pays. En grande partie à cause de la langue. Oui, en grande partie à cause de la langue, mais aussi, je pense, en partie parce qu’on ne restait pas longtemps au final. Alors que là, on était là longtemps, Amirul a pu aussi nous raconter des choses sur l’histoire de sa région, sur tous les apprentissages qu’il fait en faisant de l’exploration de grottes aussi, parce qu’il fait ça aussi. Et puis après, il y a les Climbing Backpackers qui sont rentrés dans le décor aussi. Là, c’est deux voyageurs du Royaume-Uni, qui eux, voyagent sur le long cours et qui font 95% de leurs voyages, c’est de l’escalade en fait. Qui voyagent à très, très, très petit budget. Genre 40 dollars canadiens / 30 euros par jour pour deux, incluant les transports, la bouffe, l’hébergement, tout, tout, tout. Donc, c’était vraiment intéressant de partager ce moment avec eux. Puis, ça a renforcé l’esprit de famille qu’on a pu créer. Oui, vraiment.
Et puis donc, pour finir tout ça en beauté, Amirul a réussi à nous organiser une expédition dans un parc d’attractions à Hippo finalement, la ville où on voyait les falaises complètement déchiquetées. En fait, ils ont un gros, gros parc d’attractions avec un zoo à l’intérieur et des falaises. Et il a réussi à nous organiser ça gratuitement. Donc, on est montés tous les cinq dans la petite voiture qu’on avait louée. Et ça a été trois jours d’un peu de vacances entre potes. Des vacances dans les vacances. Oui, c’est ça, vraiment. C’était du délire là. On s’est retrouvés dans des… On avait un service VIP de… Comment on appelle ça ? Une petite voiturette qui nous amenait dans le parc et qui nous faisait circuler dans le parc.En fait, on a même eu accès au parc alors qu’il était fermé. Oui, pour le nettoyage. Le mercredi, ils ferment tous les mercredis pour que les employés nettoient le parc. Et en fait, nous, ils nous ont laissés rentrer. Ils nous ont laissés grimper. Donc, c’était hyper calme. C’était hyper agréable. Et le lendemain, il y avait plein de monde. Donc, c’était très différent.Mais on a pu aussi profiter des attractions du parc. On a fait des glissades d’eau. On a fait des… Des sources chaudes.
Des sources chaudes. On a fait des jets d’eau pour se masser le dos et les bras. Enfin bref, c’était un peu hors du temps. Oui, et donc là, c’est ça. On est en train de rentrer à Kuala Lumpur et finalement, on regarde en arrière et on se dit… Il y a trois semaines, on se disait mais qu’est-ce qu’on fout là ? Et là, aujourd’hui… Comment tu te sens, toi, Mathis ? Moi, je me sens un peu triste de quitter Perlis parce que c’est un endroit que j’ai énormément aimé. C’est un endroit où je vois un très gros potentiel même de rester genre deux mois, juste à cet endroit-là, aider à faire une différence grâce à l’escalade, ouvrir des voies, découvrir de nouvelles choses, partager. Donc, c’est excitant de se dire qu’on va à Kuala Lumpur pour prendre l’avion et aller en Thaïlande et découvrir un autre pays mais en même temps, c’est un peu comme… Waouh, j’étais bien là-bas.
Oui, puis peut-être que si on n’avait pas eu cette deadline, entre guillemets, de billets d’avion, on serait restés plus longtemps. En fait, je pense qu’on a voulu planifier aussi en se disant après c’est la saison des pluies en Thaïlande donc il faut qu’on arrive plus au nord pour éviter la saison des pluies, etc. Mais au final, si on avait pu rester une semaine de plus, deux semaines de plus, probablement qu’on l’aurait fait. Moi, j’ai hâte quand même de voir ce qui nous attend pour la suite mais j’ai le sentiment que ça a comme parti quelque chose en termes de… ça a ramené l’escalade, en fait, dans notre voyage aussi. Tu sais, en Indonésie, on n’en a presque pas fait. Enfin, c’était pas… ça avait une autre place. Mais là, je pense qu’en Malaisie, l’escalade nous a vraiment montré aussi qu’on pouvait intégrer une communauté, qu’on pouvait avoir un regard différent sur le pays aussi que d’aller dans des sites touristiques. Donc, ouais, je pense que je serais restée un peu plus longtemps. Mais en même temps, j’ai hâte de voir aussi ce qui nous attend pour la suite.
Oui, moi aussi, c’est sûr. Mais comme on se dit, peut-être qu’on sera de retour à Perlis. C’est ça.
Alors, la suite au prochain numéro ? Yipha ! À bientôt !
[Et le prochain numéro, c’est un article plus détaillé sur Perlis, avec des photos absolument magnifiques! Pour ne rien manquer, on a un bouton pour s’abonner en bas de la page d’accueil].






















































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