Peu de personnes connaissent la Malaisie comme destination d’escalade. Normal vu le mastodonte voisin qui accapare toute l’attention des grimpeurs du monde entier : la Thaïlande. Là-bas, des sites comme Krabi, Koh Tao ou même Chiang Mai sont internationalement connus et prisés car grandioses. Le faible coût de la vie joue aussi pour beaucoup. Mais qu’en est-il de la Malaisie? Est-ce une destination qui vaut vraiment la peine pour l’escalade? On a exploré une bonne partie de la péninsule Malaisienne (donc la partie au sud de la Thaïlande, pas le nord de l’île de Bornéo) pour pouvoir y répondre!
On the crag again aux Batu Caves à Kuala Lumpur :
Lors de notre première visite aux Batu Caves, on avait prévu de rester une semaine entière pour bien profiter des différentes parois d’escalade locales. Mais nos intestins ont eu d’autres plans pour nous. Dès le premier soir de notre arrivée, j’ai eu une bonne tourista avec un peu de fièvre. Deux jours plus tard en soirée, alors que ça allait un peu mieux, je me suis mis à régurgiter tout mon dernier repas… et c’était reparti pour trois jours au lit et aux chiottes avec la tourista qui reprenait de plus belle. Noémie a elle aussi été frappée durant deux journées, puis se sont des nausées qui ont pris le relai durant plusieurs jours. Nous avons quand même péniblement réussi à visiter un peu la mégalopole qui regorge de gratte-ciel gigantesques. Noémie a même pu essayer le hijab pour visiter la magnifique mosquée nationale.
Niveau escalade, c’est épuisés, très affaiblis et avec plusieurs kilos de muscles et de graisse en moins que nous avons eu notre première expérience à l’une des 6 parois des Batu Caves :
Nyamuk wall = le mur des moustiques
Ce crag est super facile d’accès, il suffit d’à peine quelques minutes de marche depuis la route pour y accéder. Le mur est impressionnant et quand même déversant, donc plutôt pour des grimpeurs de niveau intermédiaire minimum. Autant dire qu’après une voie de deux longueurs de niveaux 5.9+ et 5.10b (5b-c et 6a+ pour les français), j’étais au bout de ma vie! La chaleur humide suffocante, la météo très incertaine, les moustiques en grand nombre et l’absence d’énergie dans nos corps ont eu raison de nous. Nous avons donc quitté Kuala Lumpur après cette première semaine les harnais et notre motivation au fond de nos sacs.
Il aura fallu attendre la fin de notre voyage en Malaisie pour pouvoir tâter à nouveau la roche de ce lieu mythique. Il faut dire que là encore nous n’avons pas eu de chance puisque des pluies diluviennes nous ont amputé une journée et demie et nous n’avons donc eu qu’un court 3h in-extremis avant notre avion pour Bangkok pour grimper. Pour cette micro visite nous avons choisi un autre crag :
Damai wall
Un autre site hyper facile d’accès! La falaise est haute et compte plusieurs voies de deux ou trois longueurs. Une énorme grotte abrite une énorme roche en forme de boule qui nous rappelle certaines scènes d’Indiana Jones. On espère que celle-ci restera coincée là encore longtemps!
La paroi fait partie d’un parc d’activités nommé Gua Damai XPark et contient même une plateforme pour le base-jumping au sommet. Elle semble si peu élevée pour l’activité qu’on se demande si les gens ne s’écrasent pas en bas avant que leur parachute n’ai eu le temps de s’ouvrir. Mais la plateforme a l’air connue dans le milieu puisque des compétitions internationales y ont lieu.
Concernant l’escalade, il y en a pour tous les niveaux et nous avons pu profiter d’une voie de 2 longueurs très agréable, avec notamment un crux épicé que j’ai passé en tête grâce à un coincement de talon à la hauteur de mon cou! Quelle flexibilité!
Vu la facilité d’accès, le nombre de voies pour débutants et l’extrême proximité avec Kuala Lumpur, le bas de la paroi semble un peu patiné. Noémie en a d’ailleurs fait les frais avec une belle chute de 1m au sol alors que je l’assurais du sommet. Avec l’élasticité de la corde, je n’ai rien pu faire. Il faut aussi souligner la présence d’un chemin pavé hyper glissant et laissant de grosses traces noires au pied de la paroi. Donc assureurs prenez garde car ceci rend l’assurage du grimpeur de tête un peu dangereux. Et si vous vous éfoirez de tout votre long comme Noémie dessus, vos vêtements s’en souviendront longtemps…
On the Crag again à Jesselton Park Penang / Georgetown :
La paroi de Jesselton Park est assez spéciale. Elle est située juste au dessus d’un quartier résidentiel très riche de Penang. En naviguant parmi les villas avec notre petite auto premier prix, on se demandait vraiment si on était au bon endroit!
Une fois notre voiture stationnée devant des maisons uppées, se demandant si la fourrière n’allait pas nous l’enlever, il nous a fallu marcher sur un petit chemin en sandwich entre plusieurs maisons et une dense forêt. Puis d’un coup il faut s’enfoncer dans la jungle juste à côté d’une antenne relai afin de trouver la falaise bien cachée des êtres humains. Ici les seules voies faisables pour nous, soit entre 5.10b et 5.11a pour l’instant (entre 6a et 6c), font entre 6m et 15m et le sommet n’offre aucune autre vue que la moitié supérieure des arbres. La roche, elle, nous est plus familière puisque c’est du granite. Fait inusité : c’est comme si la paroi proposait des défis de grimpe pour droitiers! Donc nous étions tous les deux désavantagés, Noémie étant gauchère et moi un droitier un peu spécial! Une opération au poumon droit lors de ma jeunesse ayant en effet limité mes capacités et mon endurance du bras droit.
Attention à quelques blocs de roche qui bougent un peu et pourraient s’avérer dangeureux pour l’assureur. L’autre moitié du mur conviendra plus aux grimpeurs avancés et vraiment forts!
Somme toute, la grimpe à Penang était amusante mais pas non plus mémorable.

En conclusion de cette première partie, on ne peut pas dire que nos deux premières semaines en Malaisie aient été les plus marquantes. Entre la tourista à Kuala Lumpur, les nausées, des paysages passables malgré les dires, les champs à perte de vue de palmier à huile, la nourriture avec toujours autant de friture (à l’huile de palme), les plages pas terribles de la côte ouest, les montagnes éventrées à Ipoh par le minage de marbre, de granite et d’étain, les immeubles et gratte-ciels de partout… disons qu’on commençait à se demander pourquoi on avait choisi la péninsule Malaisienne pour 5 semaines… Mais heureusement notre prochaine destination a complètement changé la donne et notre expérience! Nous sommes littéralement tombés en amour avec ce lieu exceptionnel.
Découvrez-le dans notre prochain article!








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