On a posé les pieds à Bangkok en Thaïlande depuis à peine 48h et déjà plusieurs choses nous interpellent.
Alors que l’Indonésie et la Malaisie partagent une langue relativement commune, les quelques mots qu’on utilise depuis 3 mois ne nous servent à rien ici. Et pour ajouter un peu de difficulté, le thaï n’utilisant pas l’alphabet latin, on ne peut pas non plus lire ni les panneaux, ni les menus. Ça donne une impression de naviguer à l’aveuglette : on passe ici à un niveau supérieur de lâcher-prise.
La Thailande est un pays à majorité bouddhiste, ici les mosquées sont remplacées par des temples, aux formes plus angulaires, toutes en dentelles, moins rondes, et il y en a absolument partout, des petits et des grands. Si visuellement ils en jettent, ils sont plus discrets sur le plan sonore. On a profité d’être dans une grosse ville pour faire quelques emplettes. Comme on a du amputer notre corde d’escalade préférée d’une dizaine de mètres à cause de l’usure, elle n’est plus assez longue pour une bonne partie des parois ici. On a donc acheté, chez Décathlon, la seule et unique corde disponible et qui mesure 70 mètres. Mathis s’est aussi racheté des lunettes de soleil, parce qu’à force de les oublier dans des endroits incongrus, il n’y voyait plus grand chose. On a aussi été visiter un centre d’escalade intérieure où je me suis acheté des nouveaux souliers. La roche aiguisée de Bukit Keteri avait eu raison de mes TC Pro La Sportiva et un petit trou s’était formé au bout de chaque pied. Je ne jurais que par ce modèle mais j’ai eu la bonne surprise de trouver les Masaï de Tenaya et je dois avouer que ces chaussons espagnols sont extrêmement confortables. Vous l’aurez compris, notre expérience en Malaisie à ouvert le bal de la chasse aux sites d’escalade! Notre itinéraire suit comme fil rouge les falaises, tout en brodant autour pour combler nos journées de repos par des visites culturelles. Ça a l’avantage d’éviter d’avoir peur de manquer des choses.
On a donc filé de Bangkok vers le nord où le train nous a déposés dans la ville de Lop Buri. Il n’y a pas si longtemps, elle était réputée pour être la ville des macaques, ayant même au calendrier le rendez-vous annuel du Monkey Buffet Festival. En 2024, le gouvernement à mené une campagne de stérilisation des macaques et a débarassé la ville de la moitié de sa population, qui devenait trop aggressive envers les humains. Nous observons les vestiges de ce temps révolu : des barricades anti-macaques aux fenêtres et aux portes des habitations. Et paradoxalement, des murales et des statues de macaques disséminées partout dans la ville.
Lop Buri est également connue pour ses ruines datant de la domination Khmer, aux 13eme et 14eme siècles. En se baladant dans la ville, nous avons croisé de nombreux temples qui rappellent les photos d’Angkor, ce fameux temple cambodgien. On regrette un peu qu’il n’y ait aucun panneau explicatif pour s’instruire sur le vif, parce que retourner lire sur nos cellulaires une fois à la chambre est beaucoup moins motivant.
Pour nous, Lop Buri était une destination de choix pour l’escalade, car non loin de la ville se dresse une impressionnante falaise du nom de Khao Jeen Lae, qui domine de ses deux cent mètres des champs de tournesols. Malheureusement c’était pas la saison des fleurs mais la grimpe était bonne. On s’est donc installés pour plusieurs jours dans une petite Guesthouse et on a loué un scooter pour se rendre au pied de la paroi.
Nous avons eu la bonne idée de discuter avec le propriétaire du logement qui nous a donné quelques indications sur le site. D’abord, garer le scooter à la dernière maison 50 mètres avant l’entrée du temple bouddhiste. Ensuite, passer à travers la barrière. Attention, il y a un panneau interdisant de passer par dessus la barrière. Seulement 2 moines vivent ici, on peut passer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sans oublier de déposer un petit don d’argent. Nous on n’a jamais vu personne. Par contre, il avait oublié de nous dire qu’il y avait 3 chiens mais c’est peut être un détail important seulement pour moi qui en ai peur. Par contre il nous a mis en garde contre les moustiques et on a vite compris pourquoi. Durant notre ascension des nombreuses marches qu’on emprunte à partir du temple pour arriver au pied de la paroi, on s’est fait assaillir par ces vampires, comme s’ils s’étaient passé le mot que de la viande fraîche était disponible. On n’aime pas trop se mettre de l’anti moustique sur la peau mais là, on n’avait pas le choix. Cela dit, quand on me dit de faire attention aux moustiques, ça me rassure sur la présence de serpents venimeux. À peine arrivé en haut des escaliers, Mathis rencontre des macaques, qu’il fait fuir à coup de grognements et de lancer de cailloux. Voilà, on est trempés de sueur, il est 8h du matin et on peut commencer à grimper.
Pendant 4 jours on sera partis à la conquête des multipitches de la région, atteignant le sommet de la montagne 2 fois pour des vues imprenables, grimpant du calcaire tantôt très coupant, tantôt plus lisse, dans des systèmes de tufas offrant une escalade en 3 dimensions. Une journée, on a voulu explorer un autre secteur de la montagne et on s’est adonné à un véritable jeu de piste : dépassez le temple et 50m plus loin, vous allez passer devant une ferme d’oies. Vous prendrez le prochain chemin de terre à gauche qui longe une forêt dense et un champ. Après un virage, vous allez voir une petite cabane en bois abandonnée et continuerez le chemin pendant 3 minutes. À partir de là, levez les yeux, vous apercevrez une bouteille suspendue dans un arbre ainsi qu’une corde marron. Empruntez ce sentier qui traverse la jungle jusqu’au site d’escalade. On a cherché pendant une bonne heure, et on n’a pas trouvé la bouteille. La cabane n’était pas la bonne. Mais on a fini par trouver le sentier. C’est notre realité, passer des heures à chercher le site d’escalade. Autant dire qu’on rentrait de nos journées recouverts d’un mélange d’antimoustiques, de sueur, de crème solaire et de résidus de jungle, mais heureux la plupart du temps. Je vous réserve d’autres réflexions pour un prochain article.
Un soir, épuisés, nous avons eu la surprise d’un marché à ciel ouvert devant notre hébergement. Hop, on se change, et on va arpenter les stands pour trouver de quoi manger. Un autre soir, on a croisé un marché sur la route du retour. Aller, on s’arrête et on va voir ce qui se passe là bas. L’ambiance à la thaïe, on aime bien! Les gens sont souriants, la nourriture est variée, on nous avait prévenus qu’on mangerait bien et on ne nous avait pas menti!
Le prochain site d’escalade sur notre itinéraire est à côté de la ville de Chiang Mai, tout au nord du pays. On a donc decidé de faire une étape à Sukhothaï, une ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On a repris le train depuis Lop Buri, fait une escale à la gare de Phitsanulok pour la nuit, pris un bus jusqu’à Sukhothaï et attrapé un « bus rouge » (un pick-up dont le derrière est aménagé pour du transport de personnes) pour nous rendre à notre hébergement. De là, on a expérimenté un nouveau moyen de transport, pour mon plus grand bonheur : le vélo, bien sûr!
Après avoir été sous domination Khmer, Sukhothaï est devenue un royaume indépendant de Thaïlande vers le 13ème siècle, parfois nommée comme la première capitale nationale. La vieille ville est fortifiée : en son centre ont été érigés les temples les plus imposants et en périphérie sont disséminés dans la jungle des temples plus modestes, en un mélange de cultures. Nous avons d’abord exploré les temples en périphérie de la ville, dans la jungle.
Le soir, nous avons eu le plaisir de découvrir un marché nocturne au bord de l’eau, vue sur un temple. Ça consistait en une multitude de stands de bouffe, pour composer son souper. Entre les stands et le bord de l’eau étaient disposées des nattes et petites tables basses en osier, où les locaux et les touristes s’installaient en famille ou entre amis pour déguster les trouvailles. L’ambiance est au rendez-vous, le cadre est magnifique. Décidément les Thaïlandais ont un bel art de vivre.
Le lendemain, on a enfourché à nouveau nos vélos pour entrer en plein coeur de la ville fortifiée. Des temples, des stupas, des bouddhas. On a passé des heures à déambuler dans les édifices en ruines et on a adoré ça.
Bref, la Thailande nous charme depuis qu’on y est. Sur le plan culturel, sur le plan culinaire, et sur le plan social. En route vers la Thailande du nord, vers les montagnes et on l’espère, un peu plus de fraîcheur…













































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