PARTIE 2 : VOYAGE AU CŒUR DU ELEPHANT CONSERVATION CENTER – ECC
Nous venons tout juste de réserver notre séjour de 1 nuit – 2 jours au ECC. Nous sortons de leur bureaux à Luang Prabang et nous sommes tout excités! « On va aller observer des éléphants! » m’exclamais-je joyeusement à Noémie toute souriante elle aussi. Mais les mêmes craintes habitent nos esprits : avons-nous choisi le bon endroit? Allons-nous donner une somme conséquente au bon organisme? Œuvrent-ils réellement autant qu’ils le disent pour le bien des éléphants au pays ou est-ce de la poudre marketing à nos yeux de touristes parfois trop naïfs?
Le lendemain matin à 7h nous voilà debout à attendre notre mini van avec d’autres voyageurs. Parmi nous des Néerlandais, des Allemands, des Américains, des Français, une Suisse, des Anglais et d’autres nationalités. On embarque tous dans deux vans et nous voici partis pour trois heures de transport sur les routes Laotiennes merveilleusement cabossées. La première moitié du trajet est étonnamment silencieuse, peut-être le temps pour nos corps de s’adapter aux nombreux impacts et au barouétage constant dans l’espace. Je me demande encore comment le chauffeur a fait pour ne pas perdre une suspension dans les nombreux cratères de la « route ». Après une bonne heure de zigzag horizontaux et verticaux, la colonne vertébrale ramollie, les langues finissent par se délier et nous jasons avec nos compagnons temporaires d’aventure. Parmi eux Zoé et Léo, un couple de Français en voyage d’un mois au Laos mais ayant vécu une sabbatique en Amérique du sud puis aux États-Unis quelques années plus tôt. Naturellement, vu notre projet initial de vanlife aux USA, on échange joyeusement nos expériences.
Les camionnettes s’arrêtent enfin dans un petit chemin poussiéreux au bord d’un grand lac. Le coin est paisible, pas de bruit de circulation, juste des espèces de ouaouarons qui coassent gaiement aux abords des rives. On descend quelques marches avec tout notre barda et montons tous sur une immense plateforme à moteur pour traverser le lac. Nous ne sommes plus qu’à 15min du centre que nous n’apercevons pas encore. Malgré l’excitation qui monte d’un cran, le silence reigne et chacun absorbe la beauté de ces lieux reculés. Le moteur se met en marche, nous naviguons sur une eau calme et nous sirotons une infusion fraîche de fleurs d’hibiscus offerte par notre guide pour les deux jours à venir. Après nos papilles gustatives, c’est au tour de nos iris de recevoir des stimuli. Au loin, au bord de l’eau et d’un petit quai en bois, se dessinent des formes mythiques : des éléphants! Tranquillement les traits se précisent et nous distinguons de plus en plus leurs longues trompes plongées dans l’eau.
Comme s’il ne fallait pas tout dévoiler tout de suite, le petit groupe retourne tranquillement dans la jungle au loin alors que nous accostons. Nous avons quand même la chance d’admirer leurs majestueux et silencieux déhanché qui les portent loin de nous.
La première chose qui me marque est la propreté et le charme du lieu. Le site est au naturel avec de beaux jardins fleuris, des logements tout en bois et en bambous, les chemins des humains sont joliment pavés, les tables de la salle à manger commune sont en bois massif, me rappelant celle que j’ai fait faire à la maison et que j’aime tant. Après avoir pris possession de notre superbe Bungalow et de ses petits transats sur un balcon avec vue sur le lac, direction l’espace commun pour un briefing sur notre séjour. On nous explique l’histoire du centre, les différentes missions puis on nous montre un reportage vidéo expliquant la situation des éléphants en Asie du sud-est et au Laos et comment ECC s’intègre dans tout ça. Les images sont parfois dures à regarder et certains passages font couler quelques larmes sur mes joues. L’émerveillement fait place à la tristesse de la situation… puis l’émerveillement revient en voyant le courage et la détermination de cette poignée d’êtres humains s’investissant corps et âme pour améliorer les choses. Une poignée de 70 employés quand même qu’il faut bien sûr rémunérer. On apprend qu’à l’heure actuelle une douzaine de pachydermes vivent en semi liberté sur un site protégé de 6000 hectares. Le reportage prend fin, aucune question n’est posée, on semble tous émus par ce qu’on vient de voir et d’entendre.
On reprend doucement nos esprits en se mettant en marche vers un premier site d’observation. Le sentier est large et très bien entretenu. Je m’attendais à un espèce de trek dans le bois, un peu comme à Sumatra pour observer les orang-outangs où on s’enfonçait dans la jungle à l’affût du moindre bruit, du moindre mouvement. Ici c’est complètement différent : la marche est accessible à tous, on n’est pas vraiment au fin fond de la jungle, plutôt dans des grands jardins/plantations et notre guide semble savoir exactement où aller pour observer les mammifères. Et de fait, nous arrivons à un grand abris construit de l’autre côté d’un bras de rivière et d’une plage. Au centre nous attendent de grandes tables alignées et un repas alléchant. On s’assoit et commençons à festoyer, ravis d’enfin pouvoir se mettre quelque chose sous la dent et des saveurs qui nous sont proposées. Alors que nous finissons tranquillement nos assiettes, moi le dernier, quatre colosses arrivent sur la plage, accompagnés par leurs cornacs et appâtés par des tas posés au sol que je reconnais être des troncs et des feuilles de bananiers. D’un coup, tout le monde sort de table et se positionne sur la rembarde pour mieux observer les animaux. Je reste à ma place, à la fois émerveillé de pouvoir observer ces grands sages, mais aussi gêné par ce qui se passe. J’ai l’impression d’être au cinéma, à manger du popcorn devant un film qu’on a choisi pour moi. Une recette gagnante pour certains mais à laquelle je ne m’étais pas préparé. Assis là, devant le film « Les éléphants du ECC », je me demande si je suis le seul à vivre ce malaise.
Notre guide nous présente les quatre éléphants de la projection du jour : leur nom, leur âge, leurs traumas, leur histoire. C’est quand même touchant d’en savoir plus sur nos protagonistes. S’assurant que nous avons tous fini de manger, il nous propose de descendre silencieusement un peu plus bas où la plateforme flottante du matin nous attend. On embarque et profitons de places assises au premier rang. Nos quatre héros ont l’air en santé et bien nourris. Sans plaies apparentes, ils se délectent de leurs snacks, comme le dit si bien notre guide. Je remarque que les cornacs se sont éloignés et s’abritent derrière des buissons et de jeunes arbres. Est-ce qu’ils se cachent pour ne pas gâcher la scène? Est-ce qu’ils se protègent du soleil? Est-ce qu’ils laissent de l’espace aux éléphants pour profiter tranquillement de ce moment? À ce stade, je ne sais le dire.
Après avoir fini leur collation, les colosses se dirigent tranquillement vers l’eau pour s’abreuver. Notre guide nous souffle que si on est chanceux ils iront se baigner mais que rien n’est sûr vu qu’il ne fait pas si chaud aujourd’hui et qu’ils peuvent parfois être frileux. Au final ils ne feront « que » boire, s’asperger le corps d’eau avec leurs trompes puis se recouvrir de poussière toujours à l’aide de leur énorme protubérance nasale. Et « juste » ça, c’est déjà un spectacle magique. Alors que la petite séance de toilettage se termine et que nos protagonistes quittent la plage guidés par leurs cornacs, le moteur se met en marche et nous retournons au petit quai qui nous avait un peu plus tôt accueilli. Le film était vraiment bon mais je reste quand même avec ce petit malaise.
Une fois débarqué, direction la clinique du lieu. Nous entrons dans une salle de réunion où un vétérinaire nous explique avec un powerpoint la mission scientifique du centre et ce qu’ils font pour conserver leurs éléphants en santé. Il nous explique aussi quelques points d’anatomie des éléphants et pourquoi leur colonne vertébrale n’est pas faite pour balader des touristes à longueur de journée. On nous explique l’intérêt des analyses sanguines et du suivi des cycles hormonaux pour la reproduction. Heureux hasard, ou bonne coordination par l’équipe, un immense éléphant mâle monté par son cornac arrive dehors et se dirige sous un grand abri métallique. Toute une équipe est présente pour l’accueillir. C’est apparemment l’heure des vérifications corporelles, des prises de mesures et de la pesée. Cette dernière est d’ailleurs tout un spectacle car la bête n’a pas l’air encore habituée de monter sur l’immense balance prévue à cet effet. La vétérinaire en cheffe appâte l’animal avec des petites gâteries de l’autre côté de l’appareil, l’éléphant contourne la balance, l’humaine contourne l’animal pour qu’il revienne dans l’axe de la machine, l’animal évite encore la balance, comme peureux de poser la patte sur ce machin posé là. Et la ritournelle se répète, non sans rire de l’équipe amusée par la situation. Je souris en observant le spectacle, écoutant d’une oreille la présentation et me questionnant pourquoi le cornac monte l’animal si cela est si mauvais pour sa colonne…
L’éléphant finit par monter sur la balance, une patte à la fois, et l’équipe se réjouit d’avoir réussi cette étape. À l’intérieur, la présentation se termine et on est invité à sortir et à s’assoir dehors pour observer ce majestueux animal. Stimulé par ce qui se passe et par les collations, le mâle nous accueille tout sexe déployé, ce qui ne manque pas de déclencher des « oooooooh » et des rires parmi le public. Nous restons plusieurs minutes à admirer tous les attributs du colosse, puis on nous indique qu’il est temps d’aller observer la collation commune.
Nous marchons deux minutes chrono et sommes de retour non loin du petit quai. Là, environ 6 éléphants sont en train de mastiquer bananiers et tiges de canne à sucre. Chaque animal a son petit tas de snacks dans son coin et son cornac debout pas très loin. Je me dis que ça fait quand même beaucoup de sucrerie, mais la pensée passe vite à la trappe devant tous ces majestueux éléphants à observer de si près. Notre guide nous donne les noms de chaque animal et nous raconte des anecdotes sur leur arrivée au centre, leur état de santé, leur humeur et leur interaction entre eux. On découvre ainsi qu’une femelle porte encore la trace de l’intervention chirurgicale qu’elle a reçue au centre pour la sauver d’une hémorragie et d’une nécrose interne. La pauvre, enceinte, avait osé s’aventurer dans des champs et s’était faite tirer dessus par un fermier craignant de tout perdre. La balle a atteint le placenta et le bébé, le tuant et le laissant pourrir à l’intérieur d’une mère gravement blessée… Le centre a réussi à la sauver de justesse. Quelques années plus tard, elle est de nouveau tombée enceinte mais l’accouchement s’est vraiment mal passé, nécessitant une nouvelle intervention. La vie de l’éléphanteau n’a pu être sauvée, mais celle de la mère oui. Depuis, plus question d’enfanter pour cette rescapée.
Chaque animal a ainsi un passé troublé par de terribles épreuves. Je suis ému d’avoir la chance de pouvoir observer tous ces animaux sauvés par ECC. Et en même temps je trouve encore une fois la scène malaisante : on est là, à les regarder manger, appâtés pour satisfaire notre curiosité, stationnés à des endroits bien spécifiques et encadrés par leurs cornacs respectifs… Cette semi-liberté me semble quand même bien scriptée…
Juste avant la fin de leurs collations, nous sommes accompagnés au quai pour les observer s’abreuver et, peut-être, prendre un bain. Mais la journée est décidément trop « fraîche » et les éléphants n’ont pas l’air d’avoir envie de faire trempette. Par contre c’est tout un spectacle qui se déroule devant nous : le seul mâle présent fait l’objet de toutes les attentions par les femelles environnantes. Plusieurs barrissements se font entendre, accompagnés de sortes de ronflements qui font penser à un énorme chat en train de ronronner. Le mâle ne semble pas trop comprendre ce qui lui arrive, surtout quand deux ou trois femelles commencent à renifler son membre qui grossit et se durcit au fur et à mesure des effleurements. La scène est cocasse et ne manque pas de nous faire sourire ou même rire. Notre guide, lui aussi amusé, nous explique que la première fois que ce mâle est arrivé au centre et qu’une femelle l’a approché pour lui sentir l’entre-jambes, il a détalé à toute vitesse pour se réfugier dans la jungle. Isolé depuis tout petit de ses congénères puis shooté aux œstrogènes pour mieux le contrôler, il a réalisé des travaux forcés et épuisants pour l’industrie forestière durant une bonne partie de sa vie sans jamais avoir de contact avec son espèce. C’est donc toute une victoire pour ECC de pouvoir l’observer découvrir toutes ces sensations, de retrouver sa masculinité et tranquillement de ne plus craindre la présence de ces autres éléphants.
Le spectacle prend tranquillement fin et les éléphants suivent leur cornac jusqu’à leur lieu de repos pour la nuit. Nous sommes invités à les suivre et nous observons ainsi leurs postérieurs se déhancher lentement au rythme de leurs pas silencieux. Dire qu’un animal si lourd peut être si discret dans sa marche! Sacrée technologie ces coussinets dis donc!
Pendant qu’ils s’éloignent de plus en plus, dans la jungle cette fois-ci, nous nous redirigeons vers nos bungalows pour une pause avant le souper. Chacun vaque à ses occupations et nous décidons avec Noémie d’emprunter un kayak et d’aller naviguer un peu sur le lac avant la tombée de la nuit. J’en profite pour nager un long moment dans cette eau rafraîchissante.
Le souper se déroule dans la bonne humeur et des discussions de voyage. Le gens semblent intrigués par notre périple dont le fil conducteur est l’escalade. La nourriture est délicieuse et les portions copieuses. Nous allons ainsi nous coucher rassasiés et comblés par ce superbe moment de socialisation. Nous faisons un petit bilan de notre journée et je découvre que Noémie aussi a eu des malaises similaires aux miens malgré l’émerveillement! Je ne suis donc pas un ovni à me poser toutes ces questions. Demain il faudra obtenir quelques clarifications avec notre guide. Reste que nous devons aussi tous les deux mettre à jour nos attentes : il ne faut pas qu’on s’attende au même style d’expérience que pour l’observation des orang-outangs ou l’observation des éléphants en Afrique! Les enjeux historiques et les défis futurs n’étant pas totalement les mêmes, ils nécessitent une approche dont on ne comprend pas encore toutes les implications. Des animaux aussi isolés et impactés psychologiquement ont peut être besoin d’une routine spécifique qui nous apparaît à l’heure actuelle comme un script écrit et répété pour satisfaire la curiosité des touristes que nous sommes.
Après une bonne nuit de sommeil bercés par les cris des nombreux geckos alentours, nous prenons un délicieux déjeuner en compagnie de tous les autres membres du groupe. Notre guide vient nous expliquer le programme du jour et nous avons hâte de repartir observer les animaux. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voici de nouveau sur les sentiers qui aujourd’hui pénètrent dans la jungle. Le sentiment d’aventure est tout de suite plus présent! Nous rencontrons un cornac qui nous guide au travers des nombreux arbres et lianes jusqu’à un spot où il dépose des cannes à sucre par terre puis disparaît dans le bois. Quelques minutes plus tard, nous entendons les petits gémissements caractéristiques que font les cornacs lorsqu’ils communiquent avec les éléphants dont ils ont la garde. Il réapparaît ainsi suivi par une vieille femelle. Je remarque tout de suite le bruit de chaîne qui accompagne ses pas silencieux. Surpris, je questionne notre guide afin de comprendre le pourquoi de cette attache autour de la patte avant droite de la géante. Il nous répond que cela est fait pour éviter qu’elle ne parte trop loin dans la jungle la nuit et n’arrive dans des champs de fermiers alentours car les lieux ne sont pas clôturés. Cela est la même chose pour tous les réfugiés de ECC. Il ajoute que la majorité des refuges mettent des chaînes d’environ 4-5 mètres, ce qui laisse peu de liberté à l’éléphant pour se nourrir la nuit. Mais ici, la longueur est d’environ 50 mètres pour laisser à l’animal plus de possibilités de mouvement et le tout est retiré dans la matinée afin d’éviter tout inconfort ou blessure.
La femelle est impressionnante et très calme. Elle déguste tranquillement sa petite collation avant que son gardien ne sorte de sa sacoche une énorme boule de riz qu’il lui tend devant la gueule. Elle ouvre grand la bouche et nous voyons les énormes rangées de dents applaties par la mastication quasi constante de verdure.
Je pose alors une autre question au guide : « Ça ne fait pas beaucoup de sucre toutes ces collations durant la journée?! ». Il me mentionne que c’est une bonne question et qu’ils font justement attention à ce que leurs hôtes n’aient pas trop de sucre en sélectionnant une variété de canne beaucoup moins sucrée que celle que l’on connaît. Les troncs de bananiers eux ont été sélectionnés pour leur apport hydrique. Il ajoute que les snacks sont un excellent moyen d’amener les résidents aux endroits voulus pour les programmes de santé physique, de santé mentale et de resociabilisation créés conjointement entre les scientifiques et les cornacs. Ces moments spécifiques de collation ont aussi été conçus pour assurer une routine positive pour ces animaux au passé troublé. Ceci leur permet de ne plus anticiper négativement le reste de chaque journée, réduisant ainsi les niveaux de stress et les hormones associés. Ils ont l’air d’avoir bien réfléchi à leur affaire!
Après avoir observé la femelle se délecter, direction la plage de la veille où d’autres mammifères nous rejoignent. Cette fois-ci, c’est la fête et deux éléphants vont se baigner et jouer dans l’eau. Plusieurs barrissements se font entendre et nous voyons que les trompes leur servent aussi au jeu, à s’asperger l’un et l’autre à tour de rôle. S’en suivent quelques gestes d’affection où la trompe sert alors d’outil de caresses. C’est tendre et beau à voir. La vieille femelle, elle, ne se baigne pas et préfère rester à proximité de son cornac. On nous explique que depuis son arrivée elle est plutôt solitaire et préfère souvent rester dans son coin. Mais que c’est déjà une victoire de l’avoir là, restant parmi un groupe de 6 éléphants sans vouloir se retirer dans la jungle. Tranquillement nous commençons à comprendre l’étendue des dégâts psychologiques…
Nous quittons la plage et prenons doucement de la hauteur jusqu’à rejoindre un point d’observation surplombant un étang et une petite vallée. C’est maintenant l’heure de socialisation non supervisée : les éléphants jugés compatibles entre eux ou dont le mélange pourrait apporter des apprentissages intéressants, sont amenés proche de l’étang. Les cornacs, eux, se retirent au loin afin de laisser de l’espace aux animaux. Nous avons la chance de voir arriver deux éléphantaux qui se jetent tout de suite dans la mare pour s’amuser! Ils sont accompagnés par une femelle qui reste un long moment à l’écart à les observer. On se régale pendant 45 minutes à observer et écouter ces éléphantaux barrir de plaisir, se poussant et se montant dessus, s’aspergeant de l’eau désormais marron de l’étang, à sortir de l’eau, tourner autour de la femelle, se soupoudrer de poussière pour, au final, retourner barboter. L’émerveillement est au rendez-vous et nous avons tous des étoiles dans les yeux. Les clics des appareils photos finissent par se taire et le silence de la contemplation met le temps en suspens, ajoutant de la magie à ce moment déjà extraordinaire. Une fois cette énième baignade terminée, nos deux jeunes retournent vers la femelle pour quelques peau à peau. Notre guide est très surpris, il nous explique que d’habitude cette femelle évite le contact avec les éléphantaux alors que là, elle les accepte auprès d’elle et va même jusqu’à les caresser avec sa trompe. Il a l’air à la fois ému et tout excité. Il nous répète qu’il faudra qu’il parle à l’équipe médicale et scientifique de cette évolution majeure de comportement.
Voici venu le temps de reprendre le chemin vers le centre. Notre séjour touche effectivement doucement à sa fin. En marchant nous apprenons que ECC effectue des rotations entre les éléphants que l’on observe afin de me pas surcharger toujours les mêmes individus avec notre présence. Une autre bonne nouvelle pour conclure. Après un dernier succulent repas, nous remballons tranquillement nos affaires et, alors que nous attendons la plateforme motorisée au quai en bois, je sens que mes doutes et malaises se sont envolés et je me sens ravi d’avoir donné tout cet argent à ce centre qui accorde si bien ses gestes avec ses babines.
Un gros merci ECC pour votre travail titanesque et pour toute la tendresse que vous apportez à ces animaux psychologiquement meurtris.






Laisser un commentaire