72 heures à Hanoi

Bienvenus à Hanoi, la grande ville du nord du Vietnam. Il est 5h30 du matin lorsque le bus de nuit nous délivre à la gare, autant dire qu’on n’a pas beaucoup dormi. Le temps de se rendre dans la vieille ville et les cafés commencent tranquillement à ouvrir. On s’installe à une terrasse et observons passer les scooters par milliers, mais aussi les vendeuses de fruits ou de fleurs à vélo. Non, ce n’est pas un mythe pour nourrir le besoin de poésie des touristes. Les Vietnamiens se réveillent et s’activent, la ville frétille puis bouillonne de vie. Nous, on est un peu décalés avec la nuit qu’on vient de passer.

En sillonnant le vieux quartier, on se retrouve à Paris : les rues toutes en courbes sont bordées de grands arbres, l’architecture coloniale rappelle la ville lumière. Mais on est bel et bien à l’autre bout du monde, les bâtiments français avec les fameux lampions accrochés sur les devantures, les odeurs de pho, de nems, de banh mi, et de café aux oeufs (egg coffee), les tables des restaurants au raz du sol, les klaxons à tout va. Les rues d’Hanoi nous paraissent complètement anarchiques à nous petits occidentaux bien rangés. Les trottoirs appartiennent à tout le monde : aux scooters qui s’en servent de stationnement, aux restaurants qui y installent leurs terrasses, aux vendeurs qui exposent leurs étalages, aux chiens qui font la sieste. Les piétons, passagers éphémères, se débrouillent, entre le trottoir et la chaussée. Mais sur la chaussée, la population de scooters est impressionnante, et il faut un sacré lâcher prise pour traverser. On comprend vite que si on hésite, on risque de se faire rentrer dedans. Alors, après un arrêt ébahis sur un coin de trottoir, on observe une vietnamienne lever la main et traverser, sans regarder. En fait, ça fait bien trop peur de regarder le flot de véhicules nous arriver dessus, il faut accepter qu’ils vont nous contourner. Aller, on lève la main et on se jette à l’eau. Technique éprouvée. Après un mois au Vietnam on est toujours sains et saufs.

Durant notre séjour à Hanoi, on a aussi été se balader dans des parcs, espaces fascinants bien investis par les citadins : certains jouent au badminton, d’autres s’adonnent à une séance de photos de mariage, et à la tombée de la nuit, on peut croiser des groupes qui performent une chorégraphie au rythme d’un haut parleur. Les gens ont l’air de se garder actifs, car ce ne sont pas des situations anecdotiques que je vous raconte là. Je suis charmée vraiment par cette ville magnifique où se côtoient une architecture française très bien préservée et des bâtiments de la culture vietnamienne comme des temples bouddhistes. La pagode Tran Quoc Pagoda qui se dresse au milieu du lac est d’ailleurs le plus ancien temple bouddhiste de la ville.

Le temple de la littérature est également un lieu fascinant. Bâti au début du 11ème siècle et dédié à Confucius, il abritait la première université nationale. Aujourd’hui, c’est un endroit privilégié pour les séances de photos des nouveaux diplômés entre autres. Accompagnés d’un ou plusieurs photographes, parfois d’un livre phare de leur cursus, vêtus de vêtements pâles et souvent maquillées à outrance, ces personnes posent parfois pendant des heures. Les photographes doivent les diriger, tout en écartant les touristes qui s’incrusteraient dans le cadre. Puisque c’était l’activité principale de l’endroit, on a volé quelques clichés de vietamiens et vietnamiennes.

Un après-midi, on quitte le bruit du vieux quartier direction la Train Street. Imaginez une rue pavée, assez étroite, avec un rail en son centre. Elle est bordée de cafés et restaurants très colorés qui installent leurs terrasses en bordure de rail. Tous les jours, à heures fixes, on range les tables le long du mur, que rien ne dépasse, on discipline les touristes qui veulent prendre la meilleure photo, et on attend que le train passe, comme on retient sa respiration, avant de reprendre le cours de sa vie comme si de rien n’était. C’est une attraction en soi, mais une attraction impressionnante, tout de même !

Finalement, on a été visiter le gym d’escalade de Hanoi, afin d’enregistrer un épisode de podcast pour la saison 2 avec Jean Verly, le fondateur de Vietclimb. Accueillis comme des rois, Jean nous offre un thé avant de nous installer sur une table basse, au milieu des murs de bloc et des quelques grimpeurs matinaux. On sort nos micros. Vietclimb, c’est plus qu’un centre d’escalade intérieur. C’est une entreprise qui développe des sites d’escalade dans la région de Huu Lung, à 3h de route au nord d’Hanoi. Et par développer, on n’entend pas uniquement faire des trous dans les falaises pour mettre des ancrages. On entend surtout : s’assurer de l’impact social et économique positif pour les locaux et minimiser l’empreinte environnementale de notre pratique sportive. On ne vous en dit pas plus, vous pourrez écouter son épisode dans le balado Beyond the cruxes, sur toutes les plateformes d’écoute, et lire notre futur article sur Huu Lung. Une dernière chose : Jean nous donne le contact d’une guide d’escalade pour notre prochaine destination… une perle dont on parlera dans le prochain article !

Jean Verly, fondateur de Vietclimb

72 heures à Hanoi nous aurons aussi épuisés. C’est l’une des villes les plus polluées du monde, on ne voyait même pas le bout du lac au centre de la ville. On est content d’y être passés et très contents de la quitter pour Cat Ba, notre prochaine destination.

  1. Moi qui croyais avoir tout goûté avec le poulpe bouilli, je me rends compte que c’est rien à côté d’un…

  2. Le Laos vous propose des roches étonnantes pour grimper, je n’ai jamais vu ça. Par contre, jamais de la vie…

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